Réponses de Jean-Luc Mélenchon au questionnaire présidentielle

Jean-Luc Mélenchon est globalement en accord avec nos revendications. D’une manière générale, il précise qu’il voit des convergences entre les revendications du mouvement LGBTI avec les questions comme le droit à l’IVG ou le droit de mourir dans la dignité, mais aussi avec le mouvement antiraciste et celui pour les droits civiques des résidents étrangers sur les questions de luttes contre les discriminations et pour l’égalité des droits. C’est pourquoi il propose de travailler sur les droits des personnes « de la naissance à la mort ».
Vous pouvez télécharger ici le PDF avec toutes les réponses de Jean-Luc Mélenchon

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Sur les droits des personnes trans, il souhaite une procédure totalement déjudiciarisée. Il ne se prononce pas sur l’accès au changement d’état civil pour les mineur-e-s non-émancipé‑e‑s, mais propose une procédure sur le modèle de la loi argentine, c’est-à-dire que « l'expression de la volonté passe par les représentants légaux », mais avec « une instance de recours en cas de non consentement des représentants légaux ».
Concernant le Protocole national de diagnostic et de soins, il souhaite organiser une concertation avec le mouvement transgenre.
 
En accord avec toutes nos revendications sur les questions de couple et de parentalité, Jean-Luc Mélenchon propose d’une réforme d’ensemble de la filiation, incluant bien sûr la PMA pour toutes, et qui aurait « comme principal mode d’établissement de la filiation le mécanisme de la reconnaissance volontaire en mairie » et reposerait sur l’engagement parental, en finissant ainsi avec le « primat biologique ». Cette réforme de la filiation « serait ainsi aussi l’occasion de réinterroger les différences entre les modes de conjugalités ».
 
Sur les questions de santé, Jean-Luc Mélenchon est en accord avec toutes nos revendications. Il précise qu’il souhaite « une politique d’incitation au dépistage de grande ampleur » et des campagnes de prévention qui montrent « la diversité des orientations et des comportements sexuels et/ou amoureux ».
 
Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon regrette le recul du gouvernement sur les « ABCD de l’égalité » et souhaite que des organisations comme « SOS homophobie » ou le collectif « Éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire » soient des référents « pour mettre en œuvre des dispositifs concrets avec des acteurs du terrain » en milieu scolaire et universitaire.
 
Concernant la lutte contre les discriminations, il entend créer « un Commissariat de l’égalité reprenant notamment les missions de l’actuel DILCRAH (Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) pour combattre toutes les discriminations (racistes, sexistes, contre les personnes LGBTI ou en situation de handicap…) ». Ce commissariat sera doté « d’un corps d’inspectrices/teurs, avec pouvoir non seulement d’alerte, mais aussi de sanctions (judiciaires, économiques). » Il souhaite aussi renforcer les moyens des inspectrices/teurs du travail afin qu’ils organisent des formations intégrant les luttes contre les discriminations.
 
Au niveau international, Jean-Luc Mélenchon, bien qu’en accord avec toutes nos revendications, souhaite préciser que les actions en direction de l’ONU et l’OMS, si elles sont souhaitables, sont bloquées par les 72 pays où l’homosexualité est pénalisée voire passible de la peine de mort. De même au niveau européen, les gouvernements conservateurs bloquent une directive contre les discriminations.
 
Pour finir, s’il est en accord avec nos revendications concernant le CSA, il est plus circonspect sur la question des quotas et préfère qu’un travail de sensibilisation soit engagé pour améliorer la « visibilité de la diversité dans les programmes et émissions audiovisuelles ».