Extrême droite : extrêmement LGBTphobe

I. DROITS DES PERSONNES TRANS ET INTERSEXUEES


  • Rien dans le programme – pas de prise de position
  • Les parlementaires Front national ont voté contre la loi justice du XXIe siècle
  • Les député-e-s frontistes ont déposé des amendements transphobes pour empêcher le changement d'état civil démédicalisé.


II. COUPLE ET PARENTALITÉ


  • Abrogation de la loi Taubira et donc fin de l’adoption et du mariage pour les couples de même sexe (sans effet rétroactif). Le mariage serait remplacé par un PACS amélioré (engagement 87)
  • Limitation de la PMA à une «réponse médicale aux problèmes de stérilité» donc réservée aux seuls couples hétérosexuels (engagement 87)
  • Sur la GPA, on peut déduire du programme que Marine Le Pen n'est pas pour la transcription des états civils des enfants nés à l’étranger par GPA puisqu'elle précise qu'elle est pour le maintien de l'interdiction de la GPA «Face aux pressions d’autorités supranationales» (engagement 87), une référence aux condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir refusé de transcrire les actes de naissance d’enfants nés d’une gestation pour autrui (GPA) à l’étranger.
  • Abrogation de la réforme du congé parental en rétablissant «la libre répartition du congé parental entre les deux parents» (engagement 55)
  • Restriction des allocations familiales aux Français-es (engagement 55)


III. SANTÉ ET ACCÈS AUX SOINS


  • Pas de mention du VIH/sida dans le programme, mais les propos de ses cadres sur le sida et les séropositifs et leur opposition aux campagnes de prévention ne laissent que peu de doute sur le fait que le Front national ne s’engagera pas dans la réduction de l’épidémie en France comme à l’étranger. Opposition aux campagnes de prévention, notamment celles montrant des couples d'hommes, accusées de "communautarisme" et promotion de l'abstinence comme moyen de prévention...(Pour en savoir plus, lire "FN et lutte contre le sida : reconnais ton ennemi" par Aides)
  • Suppression de l’Aide Médicale d’État (engagement 71)
  • Rien sur l’avortement dans le programme. Cependant Marine Le Pen a assuré qu'elle abrogerai le délit d'entrave numérique à l'avortement, ce qui, de fait, en compliquera l'accès et contredit sa déclaration de décembre 2016, assurant qu'il «n’y aura aucune modification, ni du périmètre, ni de l’accès, ni du remboursement de l’IVG», il est difficile d’oublier qu’en 2012, elle avait parlé «d’IVG de confort». Par ailleurs, Marion Maréchal-Le Pen s’est prononcée pour la suppression des subventions aux plannings familiaux. (Pour en savoir plus, lire "IVG : nouveau désaccord entre Marion Maréchal-Le Pen et sa tante" sur le blog L'Oeil sur le Front de Libération et "Marine Le Pen et François Fillon abrogeront le délit d’entrave numérique à l’IVG s’ils sont élus".)


IV. ÉDUCATION


  • Le Front national souhaite imposer à l’école « la neutralité » (engagement 102) et inscrire dans la constitution la lutte contre le "communautarisme" (engagement 95), ce qui pourrait mettre en péril les campagnes de lutte contre les LGBTphobies et les interventions en milieu scolaire, l'argument d'actions prétendument "communautaire" étant déjà avancé par certains élus FN pour s'opposer à des campagnes de prévention
  • Marine Le Pen s’était opposée aux «ABCD de l’égalité» et ses cadres et elle parlent régulièrement de la «théorie du genre», et leur site relaie des communication totalement fantasmées sur un pseudo "éloge de l'homosexualité" et un enseignement de la masturbation en maternelle... (http://www.frontnational.com/2014/01/savoir-raison-garder/).


V. LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS


  • Refus de la discrimination positive (engagement 99), ce qui pourrait se traduire par une suppression de la loi pour la parité
  • L'engagement 99 est le seul point du programme qui mentionne les discriminations, en revanche, le programme mentionne la lutte contre le communautarisme et la volonté d’inscrire dans la Constitution le principe : «La République ne reconnaît aucune communauté.» Cela pourrait empêcher la prise en compte des discriminations LGBTphobes et sexistes. (engagement 95)
  • La vision de la défense des droits des femmes du programme de Marine Le Pen se résume à «lutter contre l’islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales ; mettre en place un plan national pour l’égalité salariale femme/homme et lutter contre la précarité professionnelle et sociale.» (engagement 9)


VI. INTERNATIONAL


  • Marine Le Pen souhaite que le droit d’asile ne soit accordé «qu’à la suite de demandes déposées dans les ambassades et consulats français dans les pays d’origine ou les pays limitrophes» (engagement 28). Or il est très fréquent que les personnes LGBT n’osent pas faire leur demande dans leur pays d’origine de peur que cela ne se sache, ce qui mettrait leur vie en danger. De plus, les consulats et les ambassades (quand ils existent...) ne sont absolument pas en mesure de traiter ces demandes, notamment si on pense à des pays comme la Syrie ou l'Afghanistan
  • Son programme fait aussi peser des menaces sur la tenue d'évènements LGBT ou même l'existence des Centres LGBT puisqu'elle souhaite inscrire dans la constitution la lutte contre le "communautarisme" (engagement 95), et que cette accusion de communautarisme est justement utilisée par le FN pour demander la suppression de financements d'évènements ou de centre LGBT (voir par exemple : http://tetu.com/2016/06/02/rennes-front-national-gay-pride-marche-fiertes/ et http://www.couleursgaies.fr/2017/03/23/le-fn-lorrain-a-la-manoeuvre-contre-la-securite-des-lgbt/)


VII. MEDIAS


  • Les rapports de Marine Le Pen et du Front national en général avec les médias ont toujours été chaotiques. Ces dernières semaines, ils se sont encore tendus. Des journalistes ont témoigné de leurs difficultés à faire leur travail : impossibilité d’être accrédités aux meetings, impossibilité d’interroger les militant-es, avalanche de droits de réponse… (Pour en savoir plus, lire "Le Pen et les médias : revue de pressions" dans Libération)


ET AUSSI...


  • Marine Le Pen trouve inacceptable que les manifestations soient autorisées pendant l’état d’urgence (Pour en savoir plus, lire "Etat d'urgence: Marine Le Pen pour l'interdiction des manifestations" sur le site de Public Sénat). Or l’état d’urgence est toujours en cours. Cela empêcherait toute contestation et cela interdirait la Marche des Fiertés, qui est une manifestation.
  • Marine Le Pen est soutenue par LMPT et sens commun, Christian Vanneste, Christine Boutin, Béatrice Bourges (Printemps Français)...


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Continuons la mobilisation contre le Front national

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Après le premier tour des présidentielles, et dans l’attente du second tour, l’Inter-LGBT appelle à continuer de se joindre aux mobilisations pour dénoncer avec force les idées du Front national, porteuses de haines, de stigmatisations et de discriminations.

2017 n’est pas 2002. Mais ce n’est pas parce que la qualification du Front national pour le second tour de l’élection présidentielle était annoncée de longue date que notre indignation est moindre !
Le Front national n’est pas un parti comme les autres. Les idées qu’il véhicule vont à l’encontre des valeurs d’égalité, de dignité et de justice que nous défendons chaque jour. Le programme de Marine Le Pen est dangereux pour les droits et les libertés de toutes et tous et menace notre démocratie.
La candidate, qui prône par ailleurs la tolérance zéro, refuse de se rendre aux convocations des juges en vue d'une mise en examen pour abus de confiance et dénigre dans les médias le travail de la justice. Elle s'est exprimé pour l'interdiction de toutes les manifestations en période d'état d'urgence. Le parti veut aussi choisir quels sont les journalistes autorisés à accéder aux informations et à suivre leur candidate, une « entrave à la liberté » d’informer dénoncée par 34 sociétés de journalistes, une pratique qui rappelle celle du tout nouveau président du parti, Steeve Briois, dans sa commune d’Hénin-Beaumont avec les journalistes de la Voix du Nord.
La stratégie de banalisation du Front national enclenchée depuis que Marine Le Pen en est la présidente ne doit pas nous endormir. La dernière sortie de son président d’honneur suite aux obsèques de Xavier Jugelé nous rappelle, s’il en était besoin, que l’accession au pouvoir du Front national serait un recul pour les droits des personnes LGBT : retour sur la loi d’ouverture du mariage à tous les couples pour revenir à un « pacs amélioré », retour sur l’adoption par les couples homosexuels, enterrement de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes…
Et il en est de même pour les droits des femmes, des personnes racisées, des personnes de confession autre que catholique, des migrant-e-s… Rappelons qu’au Parlement européen, les 24 députés frontistes, dont Mme Le Pen, ont voté, entre autres, contre l’amendement portant à vingt semaine le congé maternité minimum, contre le rapport sur la santé et les droits sexuels et génésiques, contre le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes et contre la résolution annuelle sur le même sujet.

Face aux risques que le programme de Marine Le Pen fait peser sur notre démocratie, l’Inter-LGBT appelle chacune et chacun à continuer de se mobiliser en se joignant aux différentes manifestations qui auront lieu cette semaine et en votant massivement le 7 mai prochain pour l’adversaire du Front National.
Cet appel au vote n’est pas un chèque en blanc de l’Inter-LGBT : nous continuerons de nous battre ,durant les cinq années à venir, pour que les libertés fondamentales soient respectées et que les droits de toutes et tous progressent.



Élection présidentielle : Battre les idées du Front national

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L’Inter-LGBT prend acte avec crainte des résultats du vote des Français-es au premier tour de l’élection présidentielle.

En 2002, la présence du Front national au 2nd tour fut un choc. Cette fois‑ci, bien que pressenti, son score en hausse le rapproche de l’Élysée. La progression et la banalisation de l’extrême droite sont très inquiétantes.

C’est pourquoi l’Inter-LGBT appelle à se mobiliser massivement dès maintenant pour battre les idées du Front National et protéger nos valeurs d’égalité et de justice ainsi que toutes les minorités. Pour l’Inter-LGBT, pas une seule voix ne doit aller à Madame Le Pen.



Élection présidentielle : les positions des candidat-e-s sur les questions LGBT

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A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’Inter-LGBT dévoile les retours des candidat-e-s au questionnaire réalisé avec le Caélif, le Glup, le MAG Jeunes LGBT et SOS Homophobie. L’ensemble des retours sont disponibles sur le site http://lgbt2017.fr. L’Inter-LGBT appelle toutes et tous à se rendre aux urnes en connaissance des programmes de chaque candidat-e-s.


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Afin que chacun-e et chacun puisse connaître leurs positions sur les questions LGBT, l’Inter-LGBT, associée au Caelif, au Glup, au MAG Jeunes LGBT et à SOS homophobie, a envoyé aux différent-es candidat-es à la présidentielle, à l’exception de Marine Le Pen, 60 questions (document PDF disponible ici) réparties selon les grandes thématiques telles que les familles, l’éducation, la santé, les droits des personnes trans, etc.
Afin de pouvoir voter en toute connaissance de cause, les retours précis des candidat-e-s sont disponibles sur http://lgbt2017.fr.

Les candidat-e-s qui ont répondu au questionnaire de l’Inter-LGBT
À ce jour, nous avons reçu les réponses complètes de Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou.
Si, de manière générale, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou sont en accord avec nos revendications, les réponses de Nicolas Dupont-Aignan sont plus hétérogènes, notamment sur les questions liées aux droits des femmes et aux droits des étrangers.

Les candidat-e-s qui ont fait une réponse hors questionnaire
Nathalie Arthaud s'est excusée de n'avoir pas le temps d'y répondre, tout en précisant : « nous sommes évidemment contre toutes les discriminations, quelles qu'en soient les raisons, religion, couleur de peau ou orientation sexuelle. »
Emmanuel Macron n'a pas répondu au questionnaire envoyé, préférant nous envoyer une réponse écrite. En effet, il considère qu'il ne lui est pas possible d'y répondre « en l'état », compte tenu de la « spécificité des questions » et qu'il « ne revient pas au candidat d'entrer dans le détail des mesures ».

Les candidat-e-s qui n’ont pas répondu
François Asselineau, Jacques Cheminade, François Fillon et Jean Lassalle ne nous ont pas répondu. La non-réponse de François Fillon n’a en soi, malheureusement, rien d’étonnant. En effet, comment un candidat qui envisage de former un gouvernement avec des membres de Sens Commun pourrait-il se positionner sur les questions de droits humains au travers d’engagements pour les personnes LGBT ?

Pour l’Inter-LGBT, interassociative qui milite au quotidien contre les discriminations, ces élections vont être déterminantes pour le projet de société solidaire et apaisée que nous souhaitons. C’est pourquoi nous appelons la communauté LGBT et ses allié-e-s à se rendre massivement aux urnes et à voter pour les candidat-e-s qui s’engagent de manière claire à soutenir la lutte contre les discriminations et qui ont un comportement et un discours exemplaires en termes de respect de toutes les personnes, sans distinction de leur orientation sexuelle, identité de genre, état de santé, origine ethnique ou géographique et situation sociale.

Contact presse : presse@inter-lgbt.org — 07 71 08 68 45




Élections 2017 : clarifier les propositions pour les personnes LGBT+

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A l’approche des élections, il est plus que jamais nécessaire d’entrer dans le contenu des programmes. Ainsi, l’Inter-LGBT dévoile ce jour son plan d’action en 3 volets pour les élections présidentielle et législatives, en partenariat avec les associations le GLUP, le Caélif et le MAG Jeunes-LGBT. L’objectif est de permettre à toutes et à tous de connaître les positions des différent-e-s candidat-e-s pour lesquel-le‑s elles et ils seront amené-e-s à se prononcer en avril, mai et juin. Ce plan vise également à sensibiliser les candidat-e-s à nos revendications. L’Inter-LGBT appelle toutes les électrices et tous les électeurs à se rendre aux urnes pour la présidentielle et les législatives.

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Le plan d’action pour les élections présidentielle et législatives comportera 3 volets s’adressant aux partis politiques et aux candidat-e-s. L’objectif de ce plan est multiple. Tout d’abord, permettre aux différent‑e-s candidat-e-s à la présidentielle de maintenir des débats respectueux et de détailler leurs positions sur les différentes thématiques qui concernent les personnes LGBT+. L’Inter-LGBT souhaite encourager les candidat-e-s aux législatives à connaître et à s’engager sur les sujets LGBT+, mais également, profiter de l’occasion pour les alerter sur la recrudescence des violences LGBTphobes.

Les partis signataires, les candidat-e-s aux législatives signataires et les réponses au questionnaire pour la présidentielle seront rendus publics au fur et à mesure des remontées sur un site internet dédié : http://www.lgbt2017.fr.

Atterrée par les déclarations de certain-e-s représentant-e-s politiques, l’Inter-LGBT, comme de nombreuses associations, estime que les partis politiques doivent s’engager avec les candidat‑e‑s qu’ils présentent. Ils sont également responsables de la communication qui est faite. Ainsi, pour l’ensemble de ces élections, nous demandons aux différents partis politiques de s’engager pour des débats respectueux à travers la signature d’une Déclaration d’Engagement leur demandant de veiller à ne porter aucun discours qui inciterait à la discrimination, au préjudice ou à la haine d’une catégorie de population ou qui opposerait entre elles les différentes populations discriminées, dans les médias et dans tous les supports de communication. Cette opération est lancée en partenariat avec la CLEF, le CAELIF, le CRAN, le GLUP, le MAG Jeunes LGBT et le Planning Familial. Une liste définitive des organisations participant à l’opération sera fournie ultérieurement.

Afin que les candidat-e-s à la présidentielle s’expriment concrètement et précisément sur les questions LGBT+, elles et ils recevront un questionnaire leur demandant leurs positions sur l’ensemble des thématiques LGBT+ liées aux revendications de l’Inter-LGBT : jeunesse et éducation, droits des personnes trans et intersexuées, santé et accès aux soins, couple et parentalité, lutte contre les discriminations, international et médias. Ce questionnaire sera porté également par SOS Homophobie, le CAELIF, le GLUP et le MAG Jeunes LGBT.

Par ailleurs, les candidat-e-s aux législatives recevront une charte soumise à signature afin qu’elles et ils s’engagent à faire avancer les droits des personnes LGBT+ lors de la prochaine mandature. Cette charte sera accompagnée d’un document rappelant qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour les personnes LGBT+ et leurs familles puissent se sentir pleinement reconnues par la société, et qui présentera, à des fins pédagogiques, des propositions d’actions concrètes pour la prochaine mandature.

Enfin, l’Inter‑LGBT ne diffusera aucun de ces documents aux candidat‑e-s du Front National et des divers partis d’extrême droite. Les propos de leur divers-e-s représentant-e-s ne laissent aucune ambiguïté quant à leurs positions sur les questions de droits humains.

L’Inter-LGBT appelle chacune et chacun à se rendre aux urnes pour la présidentielle et les législatives.



Contact presse : presse@inter-lgbt.org — 07 71 08 68 45